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Arme à feu

Cellule Mire : le derringer COP

Cellule Mire : le derringer COP

Présentation du pistolet derringer COP

Bonsoir MyWelkit,
Revenons aujourd’hui sur un « pistolet » des plus insolite, qui a connu un réel succès lors de sa mise sur le marché US en 1976, avant de quasiment disparaître totalement. Il s’agit du derringer (avec une minuscule et 2 « r ») COP calibre 357 Magnum. COP signifie « Compact Off Duty Police », c’est à dire « compact police hors service », cela fait allusion à l’arme cachée que portent certains policiers US hors service, et qui d’ailleurs fait une excellente seconde arme, un « back up » comme on dit là-bas…

COP est aussi l’équivalent de « Flic » en anglais

Les initiales ne sont donc pas non plus le fait du hasard. Le but de ce type d’arme n’est pas de fournir un feu soutenu destiné à faire baisser la tête de l’ennemi, mais simplement de permettre de se défendre à très courte distance lorsque cette arme est alors l’unique moyen de survie. Le derringer semble bien sympathique, avec ses 4 canons en un seul bloc, mais … il est chambré en 357 Magnum, et lorsque l’on voit la longueur des canons et la taille de la poignée, on comprend très rapidement que cela ne va pas être simple à utiliser… Heureusement que le 38 Spécial est utilisable, car après quelques coups de 357 Magnum pour faire de la flamme et se faire mal à la main, on viendra assez rapidement au 38 Spécial. La platine de l’arme fonctionne exclusivement en double action, ne cherchez aucun chien externe ou autre, l’arme est lisse et sans aspérités, rien en raccroche ce qui est plutôt bien. Notre COP possède 4 percuteurs flottants actionnés tours à tours, au rythme des pressions sur la détente, par un chien interne rotatif, dans le sens horaire. L’arme est réellement superbe et sa finition ne souffre d’aucun défaut, le COP mesure 140 x 105 x 28 mm, il n’est donc pas si compact que cela. L’ensemble du mécanisme est inclus dans la poignée, impossible d’y accéder sans retirer le bloc arrière retenu par des goupilles que nous vous incitons à ne jamais, mais alors jamais, tenter de retirer…

L’étanchéité de l’arme est excellente

L’arme s’ouvre comme un fusil de chasse, le bloc des 4 canons bascule en avant grâce à un petit verrou supérieur et un extracteur fait reculer les étuis de quelques millimètres. Il n’y a pas d’éjecteur, il faut retirer les étuis à la main, prévoir une baguette éventuellement à passer par le canon s’ils collent un peu. La longueur réelle des canons, c’est à dire la course de la balle dans le canon rayé, n’est que de 47 mm. Concernant le démontage, lorsque vous allez retirer la troisième goupille, l’ensemble du mécanisme s éjecte violemment par l’arrière, c’est le démontage complet le plus rapide que vous serez amené à rencontrer. Le problème qui se devine est celui du remontage car vous n’avez alors aucune idée de la place des pièces à l’intérieur de l’arme, et il va falloir tâtonner, d’autant plus que la remise en place du carter arrière va être sportif à cause de ce foutu ressort du mécanisme de détente qui est sous tension. Ce mécanisme provoque des départs très durs, plus de 5 kilos avec une course de détente de 13 mm, impossible de faire partir le coup par inadvertance, mais aussi impossible de toucher une cible précisément au-delà de quelques mètres.

Le tir en 357 Magnum est très douloureux

Au bout des 4 cartouches de l’arme, le pouce fort est bien sonné et le poignet bien secoué. La flamme de bouche est impressionnante, ce qui prouve que la majorité de la poudre brûle à l’extérieur du canon, gaspillant son potentiel pouvoir de propulsion, et réduisant finalement ses performances à une plus modeste 38 + P. Le COP présente aussi un problème, certains projectiles ont du mal à être stabilisés et arrivent en travers dans la cible à 15 mètres. C’est excellent pour la rentabilité du projectile en balistique lésionnelle, c’est catastrophique en précision et en pouvoir de perforation. Il semblerait que les rayures soient déjà bien trop légères et les balles observées après les tirs portent des traces de brulures latérales, les gaz de propulsion passent entre la balle et les rayures, ce qui ne favorise pas visiblement la stabilisation de la balle. Autre constatation, les canons sont disposés en « carré », les impacts sont aussi disposés en « carré ». Il ne semble pas avoir de convergence des canons à une distance donnée.

Au final, le bilan est assez mitigé

C’est une arme plaisante au regard et dans la main, douloureuse au tir et peu précise, voire inutilisable au-delà de quelques mètres. Un simple Smith et Wesson modèle 60 (pour rester dans l’inox) à carcasse J en 38 Spécial en 5 coups lui est à mon avis grandement supérieur pour la plupart des usages, le 357 magnum étant peu réaliste dans des armes de ce volume avec cette longueur de canon non rentable. Reste une arme exceptionnelle, de toute beauté et idéalement ajustée, qui fera certainement des envieux au pas de tir, et un petit lance flamme de poche pour les amoureux des gros calibres sous les plus petits volumes possibles. Tactiquement parlant, des armes comme aujourd’hui les Glock 26 et dérivés l’ont totalement périmé.

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Armurier militaire 24 RIMA - 23 BIMA - 13 RDP, et créateur du groupe Facebook "Cellule Mire". Le groupe propose des sujets sur l'étude des armes à feu légères et des armes blanches. Nous abordons des sujets aussi divers que les armes militaires ou civiles, de toutes nationalités et de toutes époques, sous leurs aspects techniques, historiques ou pratiques.

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