Accueil » Cellule Mire : le pistolet British Bulldog

Share This Post

Arme à feu

Cellule Mire : le pistolet British Bulldog

Cellule Mire : le pistolet British Bulldog

Présentation du pistolet British Bulldog

Bonjour My Welkit,
Nous voyons régulièrement fleurir ce type de petit revolver dans les publications de nos membres. Rien d’étonnant, ce type d’arme a été en vente totalement libre jusqu’en 1939 et son faible coût en a favorisé la propagation, mais que pouvons-nous dire à propos de cas « British Bulldog », ou de leurs copies ? Retournons en Angleterre, en 1878. A une époque où la criminalité explose dans tous les grands centres urbains et que la révolte irlandaise fait des remous, la société Webley sort son « British Bulldog » sur le marché. C’est une arme courte et massive qui est directement dérivée du modèle Webley RIC conçu quelques années auparavant. Tandis que le RIC (Royal Irish Constabulary) est une arme de ceinture destinée à la Police et à l’armée, le Bulldog est une arme de poche destinée à être portée discrètement en tenue civile.

Le succès est immédiat et l’arme commence une belle carrière dès le début des années 1880

Ce revolver, décliné dans les calibres 32-38 et 44 présente l’avantage de tirer des cartouches à percussion centrale, qui présentent bien moins de danger à l’usage que les cartouches à broches toujours susceptibles de percuter accidentellement pour donner suite à un choc un peu violent et dont le port en vrac au fond d’une poche n’est même pas envisageable. Cette arrivée sur le marché n’est pas passée inaperçue des armuriers belges qui à cette époque s’étaient fait une spécialité de reproduire à leur compte tout ce qui était nouveau et prometteur, et d’y ajouter leurs poinçons et raisons sociales sans autre forme de pudeur, un peu comme le feront les armuriers espagnols avec les pistolets à système Browning au début du 20éme siècle, ce qui nous servira d’ailleurs bien durant la première guerre mondiale avec nos commandes de « types Ruby ». Les armuriers belges vont alors produire des quantités industrielles de ces petits revolvers, ils vont recevoir comme marquages des désignations plus ou moins fantaisistes et nous allons les repérer grâce au poinçon « ELG » souvent dans un ovale qui sera apposé sur les revolvers. Il ne faut pas croire non plus que ces armes sont toutes de qualité déplorable. Les plus grands armuriers de l’époque n’auront pas d’autre choix que de suivre le mouvement pour vendre, ainsi Lefaucheux et Galand vont proposer leurs propres versions du Bulldog, d’une qualité et finition au-dessus de toutes critiques. Les calibres proposés deviennent plus nombreux car on y ajoute les calibres du RIC original, c’est à dire le 450 et le 442, qui sont d’ailleurs interchangeables.

Une version de poche est chambrée en 230 !

Pour le marché US, une version en 44/40 est même commercialisée ! On voit tout de suite le problème, on se retrouve sur le marché européen avec une diversité de calibres qui va vite poser des problèmes d’approvisionnements en munitions dès que les fabricants vont se désintéresser de ces revolvers devant l’invasion des pistolets de poche. En prenant pour référence le plus gros, le modèle chambré en 450, on se retrouve avec un revolver de 500 grammes et long de 18 cm d’une capacité de 5 cartouches. Les modèles originaux anglais et ceux signés des grands armuriers étaient fabriqués en acier, tandis que les copies économiques étaient réalisées en fonte malléable. La platine à simple et double action est généralement agréable, mais aussi très fragile ce qui explique que bon nombre d’exemplaires parvenus jusqu’à nous ont leur mécanisme HS. Le barillet n’est pas encore basculant (il faudra attendre le Colt 1889 même si Borchardt en avait proposé un prototype dès 1878), l’extraction des étuis tirés est assurée par une baguette bien visible sous le canon monté sur un fléau qui bascule sur la droite. Il faut alors chasser l’étui chambre par chambre et remettre cette pièce en place, cette lenteur interdit tout rechargement dans le feu de l’action. Le chargement s’effectue par une petite portière latérale basculant de 90°. Le canon long de 55 mm est foré à 11 mm et comporte 4 larges rayures.

Ce type de revolver est le « Snub-nose » des années 1880 à 1900

Si vous voulez trouver des cartouches actuelles, pas d’autre choix que de s’adresser à Fiocchi, qui s’est fait une spécialité des calibres rares et disparus. Fiocchi propose une cartouche chargée à poudre sans fumée (non précisée) qui propulse selon le fabricant la balle plomb à 260 m/s, ce qui est plutôt viril pour ces armes âgées ! Je trouve cette donnée un peu optimiste avec des canons aussi courts. Artisanalement, vous pourrez recharger vous-mêmes à poudre noire, 0,70 gramme de poudre noire avec une balle plomb de 10 grammes feront l’affaire d’après les spécialistes de ce type d’arme, mais uniquement si votre revolver est en état impeccable, tant du point de vue état général que de l’indexation du barillet. Un conseil, oubliez le tir si votre revolver est une version en fonte malléable, vous prenez trop de risques, et cela m’amuse toujours de voir un tireur nous amener « sa trouvaille » de la semaine et l’essayer avec une grosse paire de gants et un casque de moto à visière baissée… La peur est souvent le commencement de la sagesse. Le tir à la cible n’est guère envisageable au-delà de 10 à 15 mètres.

Bonne journée à toutes et à tous, n’hésitez pas me rejoindre sur mon groupe Facebook Cellule Mire !

Avertissement : le contenu de cet article est l’avis de l’auteur. Il ne reflète pas nécessairement les politiques ni les opinions de Welkit.

Share This Post

Armurier militaire 24 RIMA - 23 BIMA - 13 RDP, et créateur du groupe Facebook "Cellule Mire". Le groupe propose des sujets sur l'étude des armes à feu légères et des armes blanches. Nous abordons des sujets aussi divers que les armes militaires ou civiles, de toutes nationalités et de toutes époques, sous leurs aspects techniques, historiques ou pratiques.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Lost Password

Register