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Arme à feu

Pistolet le Français

Pistolet le Français

Présentation du pistolet le Français

Bonjour My Welkit,
Nous allons revenir aujourd’hui sur le pistolet  » Le Français  » dans sa version chambrée en 7,65 Browning, elle-même déclinée en plusieurs variantes. Le premier pistolet  » Le Français  » de la Manuf apparaît en 1913, en version compacte et chambré en calibre 6,35 mm. Calibre très à la mode d’autant plus que ce type pistolet en vente libre connaissait un grand succès, reléguant dans les placards les revolvers de poche plus encombrants et moins efficaces globalement. Notons que malgré les efforts incessants d’Etienne Mimart, Co-fondateur de la société et ayant participé à la conception générale de ces pistolets, les  » Le Français  » n’ont jamais connu d’adoption réglementaire au sein de notre armée. Les solutions mécaniques que nous allons revoir étaient peut-être un peu trop novatrices, et le choix des calibres n’était pas le bon. Le 7,65 Browning étant directement concurrencé par le 7,65 long entre les deux guerres, et le 9 mm Browning long, pour lequel fut chambré la version  » Armée  » qui n’en avait que le nom, totalement incompréhensible.

Les mauvais choix aux mauvais moments

Peuvent plomber la carrière d’une arme au demeurant très bien conçue et de grande qualité. La version présentée aujourd’hui est une version  » tardive « , puisqu’elle ne fait son apparition dans les catalogues de la Manuf qu’en 1950. Bien trop tard pour en espérer une adoption militaire, mais bien d’actualité pour en doter les forces de Police en général. Ces dernières sont adeptes du calibre 7,65 Browning, autorisant des armes compactes et légères, et efficaces selon les critères de l’époque. Le marché civil est aussi ciblé par la firme. A l’époque les autorisations de détention à titre de défense sont relativement faciles à obtenir pour les personnels ayant des professions à risques tels que les bijoutiers etc…

Le premier contact avec ce pistolet est très engageant

Il reste bien évidemment dans les lignes des modèles qui ont fait connaitre les modèles antérieurs. Tout d’abord, ce pistolet ne fonctionne qu’en double action, c’est un  » DAO  » avant l’heure et le fabricant insiste justement sur ce détail en le présentant comme un important élément de sécurité. En 1950, les pistolets de  » type Ruby  » sont encore très courants au sein des services officiels. Leur qualité de fabrication était souvent aléatoire pour des raisons de nécessaire vitesse et économie de fabrication durant la première guerre mondiale. Un pistolet totalement sur avec une cartouche chambrée est précieux. Il m’est arrivé de rencontrer un type Ruby dont le coup partait à chaque fois que l’on tapait la semelle du chargeur violemment du plat de la main. C’est pour dire… La Manuf présentait alors son pistolet comme pouvant fonctionner à la manière d’un revolver avec aucun ressort comprimé en permanence dans l’arme. C’est conçu de manière à ce qu’aucune cartouche puisse être oubliée dans la chambre et être démontable facilement sans outils.

Cela peut paraître surprenant

Mais pour une fois, la Manuf qui avait l’habitude de  » gonfler  » ses arguments publicitaires annonce la stricte vérité. Le pistolet possède un canon basculant, voir la photo illustrant notre article. Il est possible de garder le pistolet avec une cartouche chambrée, et le simple fait d’enlever le chargeur bascule le canon en position d’ouverture. Ainsi le tireur étourdi ne peut oublier la cartouche chambrée qui se présente à lui comme dans un fusil de chasse  » cassé « . Sur le côté de l’arme, un levier situé du côté droit de la carcasse permet également de basculer le canon sans toucher le chargeur. Pour chambrer une cartouche, vous avez le choix d’actionner la culasse de manière classique, ou d’abaisser le levier et de positionner vous-même la cartouche dans la chambre.

Simple et ingénieux

La carcasse assez massive est très qualitative et réalisée en acier usiné. Le pontet en fait maintenant partie et il n’est plus une simple lame ressort faisant office de poussoir pour la bascule du canon. La nouvelle fabrication en fait le modèle le plus robuste de la série. Le ressort récupérateur à spirales est logé verticalement dans la partie avant de la poignée, ce qui en explique la largeur. Deux leviers de récupération assurent la transmission entre celui-ci et la culasse. Le canon très bien fini de 83 mm possède 6 belles rayures à droite au pas de 240 mm et il est assuré à l’arme en deux points : l’axe de basculement à l’avant et un crochet de verrouillage à l’arrière. Il est évidemment fixe au tir, le pistolet fonctionnant à culasse non calée. La rampe d’alimentation est finement polie, un exemple dont pourraient bien s’inspirer des fabricants actuels, offrant une grande fiabilité à l’alimentation avec les balles ogivales classiques.

La qualité du bronzage est exemplaire

La culasse reçoit désormais un extracteur massif et bien conçu, ce qui n’était pas le cas sur les modèles précédents. Ceci a causé bien des déboires aux utilisateurs qui se retrouvaient de temps en temps avec un étui bloqué dans la chambre. Elle se termine par un bouchon à travers lequel fait saillie l’arrière du percuteur à l’armé, ce qui permet d’observer le mouvement du percuteur lors de la pression sur la détente. Ce bouchon est démontable pour avoir accès au percuteur sans démonter le reste de l’arme. Au tir, comme il s’agit d’un DAO (Double Action Obligatoire), le mécanisme revient au repos entre chaque cartouche. La pression sur la détente est transmise au percuteur via la barrette qui l’entraine en arrière et oblige le ressort de percussion à se comprimer. En arrivant en bout de course, la détente passe sur une rampe oblique qui lui fait abandonner le percuteur, qui est alors libre d’être projeté en avant sous l’action de son ressort. Vous me direz que Gaston Glock avec son pistolet a dû pas mal s’en inspirer dans les années 1981-1982… et vous aurez raison, tout comme des VP 70 de chez HK pour la carcasse. Et là encore vous aurez raison, mais peu de chose en armurerie naissent du néant…

La vocation première de ce pistolet n’est pas le tir sportif mais la défense

Le départ est du fait même du mécanisme d’une dureté ne permettant aucun tir à la cible sérieux à plus de 10-15 mètres. Et le volume exagéré du guidon par rapport à la hausse n’arrange rien. L’arme est toutefois excellente dans son domaine de définition, celui d’offrir un pistolet de défense rapprochée toujours prêt au tir avec rien d’autre à faire que de presser la détente. Et même si la balle blindée de 7,65 Browning est considérée comme obsolète par de nombreux utilisateurs, n’oubliez pas quelle perfore tout de même 4 planches de sapin de 2 cm distantes de 3 cm à quelques mètres. Ce pistolet produit de 1950 à 1965 à 10 000 exemplaires est aujourd’hui un vestige de ce qui fut notre défunte tradition armurière. On va lui reprocher sa faible cadence de tir : impossible de tirer les 8 cartouches de son chargeur à la vitesse d’une arme à simple action. Ainsi qu’un encombrement, 15,2 x 12,2 x 2,9 cm pour 630 grammes vide. C’est assez gros pour un pistolet de ce calibre. Une arme historique qu’il faut savoir apprécier à sa juste valeur.

Bonne journée à toutes et à tous, n’hésitez pas me rejoindre sur mon groupe Facebook Cellule Mire !

Avertissement : le contenu de cet article est l’avis de l’auteur. Il ne reflète pas nécessairement les politiques ni les opinions de Welkit.

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Photo du profil de Jean François Colbert
Armurier militaire 24 RIMA - 23 BIMA - 13 RDP, et créateur du groupe Facebook "Cellule Mire". Le groupe propose des sujets sur l'étude des armes à feu légères et des armes blanches. Nous abordons des sujets aussi divers que les armes militaires ou civiles, de toutes nationalités et de toutes époques, sous leurs aspects techniques, historiques ou pratiques.

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